Le matin de Noël

Il faudrait vivre sa vie comme un enfant au pied du sapin de Noël. Au moment d’ouvrir le paquet. Le déballage. On regarde le paquet. S’il est gros, s’il est petit. La couleur du ruban. La déco du papier. On le secoue un peu. On écoute le son pour essayer de deviner ce qu’il y a dedans.
La vie, c’est quand même un sacré paquet surprise, non ?

Bien sûr à force de se prendre les tuiles on a tendance à marcher en rentrant un peu la tête dans les épaules

On devient un chat des rues qui griffe quand on veut le caresser. Dès fois on se laisse un peu apprivoiser. Mais toujours lorsqu’une main s’approche, on rentre la tête, on offre pas la joue.

On a oublié la magie du matin de Noël, avant l’ouverture des cadeaux. On est devenu vieux.

Quelque fois, ça vous prend jeune.

CHR

Chaude, humide et rock n’roll, c’est tout toi

C’est c’qu’ils disent les gens là-bas

C’est sûr cette fille ne manque pas d’air

Elle s’défonce et s’envoie en l’air

Elle aime autant les filles que les gars

Chaude, humide et rock n’ roll à la fois

Chaude, humide et rock n’ roll à la fois

Chaude et humide comme ta langue dans ma bouche

D’habitude pour dire bonjour, on se serre la louche

Mais ça c’est pas dans tes mœurs à toi

Chaude, humide et rock n’ roll c’est bien toi

Chaude, humide et rock n’ roll c’est bien toi

Chaude et humide comme le poignard,

Humide du sang à venir

Effilé, il m’a fouillée t’as pris mon âme dans la foulée,

Toi quand t’aimes, tu es comme ça

Impossible de te tenir

Chaude, humide et rock n’ roll à la fois

Chaude, humide et rock n’roll à la fois

Moi pourtant j’suis pas comme ça

L’amour je l’fais qu’avec les gars

Les filles, tu vois, je les prends pas

Souvent elles veulent, mais moi j’veux pas

Mais ce jour là, j’sais pas pourquoi

J’te l’ai donné ce p’tit bout d’moi

Chaude et humide ma langue à moi

On s’est aimées, vite fait comme ça

Chaud, humide et rock’n’ roll à la fois

Chaud, humide et rock’n’ roll à la fois

Après ça, on s’est jamais revues

Sauf une fois, t’en souviens-tu ?

C’était une circonstance officielle

Y’avait tout le gratin d’la poubelle

Le préfet et les huiles, tous ces gens qu’on aime pas

Mais on crevait de faim : nécessité fait loi

Toi t’étais là, comme d’hab’ à choquer les rombières

Moi au spectacle, voyeuse, en sirotant ma bière

Curieuse de savoir si, avant la fin du r’pas

Tu r’marquerais enfin qu’moi aussi j’étais là

Chaude, humide et rock n’ roll à la fois

Chaude, humide et rock n’roll à la fois

Et puis t’es venue petite sœur t’es venue t’asseoir près de moi

Y’avait tant de bonheur dans ce « Ah, tu es là… »

Tes yeux étaient brillants et ton sourire clair

On s’est promis beaucoup, c’était plus un mystère

Mais t’as voulu encore que j’te donne un bisou

T’en voulais à ma bouche, à mes seins, à mon cou

Mais cette fois j’ai dit non, par une lâcheté infâme

Y’avait beaucoup trop d’monde, je n’voulais pas d’un drame

J’t’ai repoussée par peur des sots qu' »en-dira-t-on »

Oui j’avoue ma frayeur, ce fût moche et très con

Mais j’ sais pas très bien, comme toi Barbara

Etre chaude, humide et rock n’ roll à la fois

Etre chaude, humide et rock n’ roll à la fois

Alors t’as pris la mouche à défaut de ma bouche

Tu m’as boudée un peu en me tournant le dos

Puis t’es revenue encore en remettre une couche

Me suppliant des yeux d’accorder un bécot

T’étais trop douce alors j’ai fini par craquer

Et du bout des lèvres j’ai donné un baiser

Mais tu voulais encore, j’ai pu le constater

Chaude et humide, ma langue que je t’ai pas donnée

Alors tu t’es fâchée, t’as dis que j’étais nulle

Et j’crois bien qu’je l’étais, avec un peu d’recul

Ce soir là, au concert, y’avait-il un rapport

T’as fait pipi par terre, j’ai trouvé ça trop fort

Et je suis restée là en f’sant semblant de rien

A deux pas derrière toi comme tu le savais bien

Désolée à l’avance de c’qu’on dirait de toi

Chaude, humide et rock n’roll à la fois

Chaude, humide et rock n’roll à la fois

C’est sûr cette fille ne manque pas d’air

Elle s’défonce et s’envoie en l’air

Avec elle, pas de préliminaires, c’est direct :

CHR

Et la dernière soirée, mon dieu quelle équipée

Y’avait là famille et amis assemblés

Tu v’nais t’coller contre moi réclamer sans relâche

Un sourire, un bisou jusqu’à ce que j’me fâche

Car y’avait là quelqu’un que j’voulais pas choquer

Quand l’amour prend ces chemins faut pas trop s’emballer

Ni perdre les pédales sous peine de perdre en route

La tendresse enfantine qui souvent se déroute

D’un désir affiché même si de bon aloi

Il pourrait s’exprimer en bien d’autres endroits

On se dit : « A plus tard et pour une autre fois »

L’amour chaud, humide et rock n’roll à la fois

L’amour chaud, humide et rock n’roll à la fois

Et puis je t’ai perdue, m’disant que j’te r’verrai

Les saisons ont passé mais je n’t’oubliais pas

J’étais sur d’autres chemins et sans nouvelles de toi

Jusqu’à ce qu’on me dise :

« T’as su pour Barbara ? »

Le ciel s’est effondré, tout est devenu froid

Et là j’ai pris un coup dont je n’me remets pas

Car quand on aime ainsi sans que rien ne transpire

On garde le chagrin faute de pouvoir le dire

Si je parle aujourd’hui c’est pour qu’on sache bien

Que la vie est précaire et qu’il suffit d’un rien

Et que remettre toujours à demain quand on aime

Vous fait courir le risque d’une très grande peine

Car s’il est une chose pire encore que la mort

C’est le regret qui ronge et nourrit le remords

Des amours qui s’défont y’en a toutes les semaines

Un jour on aime et le lend’main on veut maudire ses chaînes

Mais crois-moi pire encore que l’amour qui s’défait

Y’a l’ souvenir de l’amour qui ne s’est jamais fait

Alors même si l’enfer s’ouvre sous mes pas

J’y serai avec toi, bien au chaud, Barbarara

Car désormais c’est moi, qui, en souvenir de toi

Porterai le flambeau de cette belle loi

Qu’il faut vivre partout ce que l’on porte en soi

Que le regard d’autrui et chacun m’indiffère

Avec moi, c’est direct et sans préliminaires

Chaud, humide et rock n’roll à la fois

Chaud, humide et rock n’roll à la fois

Extrait de « Fermée pour travaux » disponible sur Amazon

Le minitel

(Sourire en imaginant la tête dégoûtée de l’algorithme Google qui va devoir gérer un titre pareil. Le what ? Je sens que ça va faire avancer mon référencement tiens !)

Quand j’étais jeune certaines de mes relations s’étaient organisées une soirée de groupe au restaurant. Ils faisaient en réalité connaissances. La plupart s’était rencontrés via le minitel. Le minitel, tu te souviens Papy ? Les sites de cul, les ancêtres Troll. Bref.

Un personnage détonnait dans le groupe. Un mec pété de thunes ou qui le faisait (bien) croire, accompagné de son chien.
On m’a raconté qu’il avait engueulé une serveuse qui avait apporté un steak trop cuit pour son chien.
Une chance qu’elle ne lui ait pas apporté une assiette des pâtes qu’on nous propose ici. Elle serait morte.

Les chaises musicales

Comme il n’a pas assez de place dans les foyers d’accueil on a réinventé un jeu qui faisait déjà le bonheur de nos arrières-grands parents avant guerre. Ne me demandez pas quelle guerre. Ce blog visant l’immortalité, les dates ne doivent pas être trop précises. Et comme, il semble plus compliqué de commander un hébergement pour 20 personnes qu’un porte-avion, les générations passeront avant que le problème soit réglé. Mais passons.
Donc, les hébergements sont attribués (je n’ai pas compris par qui, le 115 je crois) pour la semaine. Tous les lundi, il nous faut faire à nouveau nos paquets et nous présenter à la P.A.O. pour savoir où on va la semaine suivante. Si on va quelque part. Car il peut ne pas y avoir de place. Donc on compte sur le fait que quelqu’un ne se présentera pas pour libérer une place…
Charmant, n’est-il pas ?

La SDF et les Gilets jaunes

Je n’ai entendu aucun Gilets jaune demander une hausse des minimas sociaux, dit-elle. « Les Gilets jaunes » est essentiellement un phénomène de classe moyenne voire de classe moyenne supérieure. Le pire étant de lire sur Twitter des « contres Gilets jaunes » s’en prendre à ceux qu’ils prennent ou veulent faire prendre pour des rsastes. Et en les stigmatisants évidemment.
Non m’sieurs-dames, les Gilets jaunes ne sont pas des rsastes. Ils ont des maisons où ils rentrent dormir et ils ont une ou deux voitures.
Au final, tout la monde se réconciliera comme d’habitude sur le dos des plus pauvres, ces pelés, ces galeux. Et ils pourront dormir tranquilles. Les plus pauvres n’ont pas les moyens d’acheter de l’essence pour les cocktails Molotov.
Nota Bene : j’ai connu pas mal de rsastes qui pouvaient compter sur la famille ou sur des proches pour payer les factures d’électricité ou se faire offrir un repas ou des extras (cinéma ou autre) de temps en temps.
Pour ceux qui n’ont vraiment personne, la vie est vraiment dure.
A noter aussi que le RSA est une affaire qui marche. Ça fait travailler plein de gens et ça rapporte des intérêts à toutes les banques et organismes sur lesquels cet argent transite. Je le répète le RSA rapporte. Peut-être 10 fois plus que ce qu’il coûte.
Tu la vois bouger, dis, la ligne ?
Et si on arrêtait d’être hypocrite en 2019 ?

Voyage, voyage

Murs lépreux, chauffe-eau qui goutte, chiottes qui fuient, pâtes qui collent et oreiller qui pue.
2019 commence en fanfare mais ressemble comme deux gouttes d’eau à 2018. On me dira : « tu es toujours mieux là que dehors ! » Certes. Néanmoins il me semble que l’hébergement est payant et que, même si ce n’est pas moi qui paye, je ne vois pas pourquoi je devrais supporter sans broncher des prestations aux dixième des prestations offertes aux autres clients. A moins que le prix demandé soit au dixième du prix des prestations offertes aux autres clients. Ce qui m’étonnerait. Et je ne parle même pas de la télé qui flanche, des cataractes des chiottes du voisin du dessus, des raclements de gorge intempestifs et des gloussements des jeunes gens qui forment la clientèle.

Alors, je bronche.